En route pour le véhicule connecté !

Le dernier salon de Barcelone semble le confirmer : l’heure du véhicule connecté a enfin sonné. L’ensemble des acteurs de l’industrie de la mobilité ont constaté à quel point les véhicules sont d’ores et déjà digitaux avec, d’une part l’adoption massive par les conducteurs ou les passagers de smartphones ou tablettes connectés en permanence, et d’autre part la rapide montée en gamme des capacités techniques embarquées, « embedded » comme disent les anglo-saxons, dans les véhicules (GPS, centre multimédia, connectivité 3G, …) favorisant l’émergence de nouveaux usages.

Comment les constructeurs peuvent-ils se positionner sur ce domaine?

Le mouvement initié dans l’habitacle du véhicule est sans précédent aujourd’hui. Au mépris parfois de toute règle de sécurité, les smartphones, tablettes ou autres PCs se baladent dans le véhicule permettant l’accès à un contenu à la fois ludique (le fameux infotainment) et utile. Le conducteur a ainsi accès aujourd’hui à des apps de plus en plus sophistiquées de navigation, d’estimation d’ETA (Estimated Time of Arrival) ou plus simplement d’avertisseur de radars ou de bouchons. Waze compte ainsi 3 millions d’utilisateurs réguliers en France, et Coyote probablement tout autant.

Aujourd’hui, l’ensemble des constructeurs automobiles doivent donc se positionner sur ces problématiques de véhicules connectés, oscillant entre deux types d’environnements pour le développement des applications : l’un dit « fermé », propre au constructeur et permettant un contrôle de bout en bout des services et des applicatifs proposés aux clients (développement d’un « Car OS » constructeur) ; « Quelle que soit la solution de développement d’application choisir, l’industrie automobile devra tenir compte de la réalité des cycles de renouvellement du parc »

L’autre dit « ouvert », permettant au client de « retrouver » dans son véhicule ses applications habituelles utilisées dans son smartphone avec, si besoin, une ergonomie adaptée (solution « BYOD » : Bring Your Own Device).

Ces deux approches, apparemment diamétralement opposées, sont très structurantes pour les constructeurs. Et quelles que soient les solutions choisies, l’industrie automobile devra tenir compte de la réalité des cycles de renouvellement du parc automobile.

Il paraît en effet illusoire, voire impossible, d’imaginer l’émergence d’une base installée uniforme de voitures connectées alors que nous changeons de smartphone en moyenne tous les deux ans et de véhicule en moyenne tous les dix ans.

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Byod ou car os ? : Pourquoi pas l’un et l’autre…

Le conducteur d’aujourd’hui, et ses passagers, est déjà connecté via son smartphone. Il a bien souvent investi du temps, de l’argent et de l’émotion dans l’achat, la configuration, l’amélioration et la personnalisation de ses appareils. Des milliers d’acteurs, de la start-up au géant du web cherchent à les séduire et les chouchoutent au jour le jour. Les innovations sont permanentes, le zapping du consommateur également.

Les applications innovantes disponibles sur les app shop des constructeurs se retrouvent très rapidement dans les véhicules, comme le démontre la rapidité avec laquelle Waze ou Google map se sont développés sur le marché. Comment les constructeurs automobiles vont-ils pouvoir lutter face à cet environnement d’innovation permanente ? L’industrie automobile créera sans doute plus de valeur à intégrer, voire, à co-conduire, dans cet environnement d’applications parfois soutenus par des leaders planétaires. Comment imaginer rivaliser sur l’infotainment, avec Google qui a une capitalisation boursière 20 fois supérieure à celle de Renault et dont c’est le cœur de métier ?

Si la « messe semble dite » sur une continuité de l’expérience client entre le smartphone et la voiture connectée, la donne est beaucoup plus ouverte concernant les éléments associés à la sécurité et la maintenance du véhicule. En effet les données impliquées dans la réalisation de tels services restent aujourd’hui encore la chasse gardée des constructeurs automobiles, tant en terme d’accessibilité que d’exploitation.

Il peut donc sembler tout à fait opportun que coexistent dans le véhicule connecté deux écosystèmes : l’un dit « ouvert », assurerait la continuité de l’expérience smartphone, tandis que l’autre plus propriétaire, capitaliserait sur le savoir-faire des constructeurs et serait lié aux fonctions cœur du véhicule. Néanmoins, les expérimentations menées par Google sur les véhicules autonomes pourraient amener ce dernier à acquérir rapidement un savoir-faire équivalent à celui des acteurs traditionnels de l’automobile sur ces sujets.

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