Qu’est-ce que le « cloud computing » ?

Aujourd’hui, la démocratisation de l’informatique touche de plus en plus les particuliers de telle façon que ceux-ci ne peuvent plus ignorer ses évolutions. L’une d’entre elles représente une des plus fortes inversions de tendances de ces dernières années : le passage du gros système (un cœur avec des écrans connectés « terminaux ») au PC indépendant, puis au « tout internet », notamment via le « Cloud Computing ».

1 Qu’est-ce que le cloud computing ?

Le cloud computing représente une évolution relativement naturelle dans l’économie : les économies d’échelles par la spécialisation, modélisée depuis longtemps par la théorie des avantages absolus et comparatifs.
Il y a un certain temps, chacun produisait ses légumes pour son propre besoin. Puis la production s’est organisée, au niveau local, puis national, puis mondial. Toutes les productions ont suivi des évolutions similaires. La même révolution est en train d’être appliquée aux services, avec internet, ce qui change le business model informatique, passant de la production, de la vente de matériel et (de ?) logiciel, à la location de services.
Aujourd’hui, la plupart des applications (Word, Excel, Photoshop, les jeux…) sont installées sur le PC et ne peuvent être exécutées simultanément sur un autre PC. Cependant, la diffusion des connexions internet haut débit (près de 70% des ménages français), ouvre de nouveaux horizons : au lieu d’exécuter une application à partir du disque dur de son PC, le « cloud computing » permet d’utiliser ces mêmes applications par l’intermédiaire de serveurs hébergés sur Internet et contrôlés par des prestataires externes. Les avantages sont de deux ordres :

• Mutualisation des capacités : leur lissage et leur meilleure utilisation autorisent des économies d’échelles, l’absorption des pics, la possibilité de croissance rapide, mais aussi la professionnalisation de l’exploitation, augmentant la fiabilité du stockage (sauvegardes…)
• Accès multiple à ses informations, à distance, de n’importe où, par des moyens variés (mobile, TV, cyber café…)

En fait, le « cloud » englobe trois éléments connectés par le Web : un serveur, sur qui est exploitée une plate-forme, qui à son tour permet d’héberger des applications.

• Le serveur, c’est l’infrastructure. Celle-ci est composée en fait non pas d’un mais de milliers de serveurs, éventuellement disséminés géographiquement, et connectés via le Web. C’est là que tourne le « moteur » (les processeurs), et que les données sont stockées. Les utilisateurs peuvent louer de la capacité processeur et stockage à un opérateur de plate-forme en ne payant que la consommation réelle. On parle d’« Infrastructure as a Service: IaaS ».

• La plate-forme, c’est le système d’exploitation du nuage. Elle répartit le traitement et la demande de stockage sur le nuage et nécessite des compétences spécifiques possédées par quelques sociétés. Les sociétés ayant leur application peuvent alors les exécuter sur la plate-forme. On parle de « Platform as a Service: PaaS ».
• Les applications, exécutées dans le nuage. C’est le produit offert au client final, et seul visible. Elles doivent être compatibles avec la plate-forme ; le Kit de Développement Logiciel (SDK) aide des développeurs à construire leur(s) propre(s) application(s) ou à personnaliser une application existante. Les applications sur le Web peuvent être utilisées sur chaque terminal sans être téléchargées ou installées, uniquement grâce au navigateur Web. On parle de « Software as a Service : SaaS ».
Dit autrement, le « cloud » peut se définir en trois points :

1. Externalisation totale du matériel, des logiciels et de l’administration, le tout en location
2. Macro-infrastructure combinée à une micro-utilisation possible, permettant une souplesse sans précédent
3. Accès universel via le web et un simple navigateur

Il faut noter qu’on appelle souvent « cloud » des services basés sur les points 1 et 3, sans que la taille de l’infrastructure soit déterminante.

2 Le principe existait depuis longtemps, mais le changement d’échelle ouvre de nouveaux horizons

Le principe du « cloud computing » existait depuis longtemps, mais le changement d’échelle ouvre de nouveaux horizons

1993
5 M u Outlook Logiciel e-mail local, lié avec le serveur

1995
70 M Première architecture “en nuage, avec une offre réseau fermée Première architecture “en nuage”

1997
70 M Premier serveur courriel accessible sur le Web, acheté en 1997 par Microsoft Première application accessible à grande échelle sur le Web

1999
250 M Première application “business” accessible sur le Web Les applications du cloud arrivent dans le monde professionnel

2003
720 M Amazon offre ses compétences de gestion de plate-forme La plate-forme cloud devient disponible pour les développeurs

2006
1.1 Md Google offre des applications web gratuites La synchronisation d’applications se concrétise dans le nuage

2009
1.6 Md Un OS accessible sur le web en ligne ou de façon autonome L’organisation “cloud” intégrale devient disponible pour le grand public
Le principe du « cloud » a commencé au début des années 90 avec l’externalisation de services, notamment l’e-mail, avec les services d’entreprise Outlook, Lotus, etc.

Les principes étaient posés, mêmes si les services restaient cantonnés à des fonctionnalités précises et reposaient généralement sur des capacités limitées et fixes et des logiciels clients « lourds », c’est-à-dire spécifiques et installés sur le poste de l’utilisateur. Puis, des architectures comme Citrix, et autres VPN, permettaient un accès distant plus universel, mais encore réservé aux grandes entreprises.

A la fin des années 90, l’avènement du Web a permis le lancement de services mails accessibles avec un simple navigateur (Netscape, à l’époque, Internet explorer, Firefox…), et le développement d’applications professionnelles (Salesforce, application de forces de vente vendue en « SaaS »).

Tout ceci a posé les bases du cloud, mais restait de l’externalisation à échelle moyenne. C’est Amazon en 2003 qui a apporté les derniers éléments : les plateformes et les fermes de serveur (IaaS et PaaS).

Puis arriva la vulgarisation avec Google, qui a introduit peu à peu un ingrédient essentiel : la possibilité de fonctionner « offline » intégrée au navigateur.

Parallèlement, de multiples offres se sont développées: Mesh de Microsoft, et aussi des milliers de Startups qui offrent un service complet avec un stockage des données « dans le nuage » et un accès distant.

Puisque les principes existaient déjà en 1990, qu’est ce qui a vraiment changé en 20 ans ?

Tout d’abord, l’accès au web est de plus en plus universel, rapide et facile. Ensuite, l’équipement est croissant, avec des terminaux variés : PC fixes, PC portables, Smartphones, Tablettes, Cybercafés, etc., des navigateurs web puissants offrant des fonctionnalités ergonomiques avancées et des possibilités Offline (Google gears par exemple).

A l’autre bout de la chaine, l’avènement des fermes de serveurs (plusieurs millions) et des plateformes flexibles a révolutionné l’informatique d’entreprise :

• Location d’infrastructures pour absorber les pics de besoin de capacité de calcul: cette offre est dédiée aux propriétaires de plateformes ainsi qu’aux spécialistes (Université de Recherche ou d’Administration)
• Adaptabilité : le stockage et la capacité de calcul sont immédiatement et quasi infiniment disponibles, réduisant le temps de traitement
• Démocratisation : l’application peut être exécutée de n’importe quel terminal indépendamment de sa capacité
• Réduction de coûts : le paiement “à l’utilisation” est efficace et ne demande pas de paiement à l’avance
• Mobilité : les données/applications sont accessibles par le web donc, à partir de tous les terminaux connectés
• Accès à distance : les applications sont faciles à développer et à partager, les bases de données sont synchronisées en temps réel

Elles ont permis à des startups de se lancer sans s’occuper de leur informatique. Certaines, victimes de leur succès, ont pu multiplier leur capacité de serveurs par mille en quelques semaines pour faire face à la demande, ce qui aurait été impensable en environnement « classique ». Ce sont ces start-ups qui ont inventé de nouveaux services et de nouveaux business models.

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